Le Laboratoire d’Analyse du Mouvement et de la Posture

Le rôle du Laboratoire

Les missions du Laboratoire sont similaires à celles du Centre, à savoir l’exploration clinique du mouvement des patients stationnaires et ambulatoires, l’initiation et la poursuite de programmes de recherche liés à la thématique du mouvement et l’encadrement d’étudiants.
L’exploration clinique du mouvement, depuis la création du Laboratoire, s’est principalement concentrée sur l’analyse quantifiée de la marche (AQM). Cependant, le Laboratoire a d’autres ambitions que la marche. Deux thématiques sont notamment en cours de développement : l’exploration du membre supérieur et la quantification de la spasticité. Quoiqu’il en soit, le Laboratoire met à disposition son expertise pour tout type de pathologies, neurologiques comme orthopédiques et traumatologiques.
Cette activité clinique n’est cependant possible qu’à travers une activité parallèle de recherche et de développement. En effet, l’ensemble des explorations réalisées repose sur la mise en place régulière de nouveaux protocoles de mesures, le développement de modèles mécaniques, le déploiement de méthodes de calcul, et bien sûr la validation de l’ensemble de ces outils.
Enfin, l’activité d’enseignement du Laboratoire repose sur l’encadrement de mémoires et l’accueil régulier de stagiaires, mais également de doctorants en Biomécanique. C’est le cas actuellement avec une thèse autour de la thématique de la modélisation cinématique du membre supérieur.

L’apport du Laboratoire pour la clinique

L'analyse des désordres du mouvement, qu'ils soient liés à l'architecture osseuse, aux structures musculo-ligamentaires ou articulaires, aux troubles de la croissance ou à une commande nerveuse perturbée, n'est pas chose aisée. Bien souvent, les décisions thérapeutiques sont encore prises aujourd'hui au terme de la seule analyse clinique experte laissant des zones d'ombres à explorer. La complexité des traitements disponibles souvent hybrides, actuels et à venir, rend de plus désormais incontournable la nécessité de disposer d'une analyse objective et quantifiée des troubles du mouvement.
Notre objectif est ainsi de décoder l'ensemble des anomalies constituant le désordre moteur et de proposer, quelle que soit leur origine, le traitement approprié au trouble présenté, mais aussi de comparer les traitements entre eux et de faire l'économie d'actions inutiles ou insuffisamment efficaces.

L’équipe du Laboratoire

La force du Laboratoire repose avant tout sur la pluridisciplinarité de son équipe. Celle-ci est en effet composée de deux médecins spécialisés en médecine physique et de réadaptation (Dr. E. Kolanowski et Dr F. Chantraine), d’une kinésithérapeute (A. Remacle), de deux ingénieurs en biomécanique (C. Schreiber et F. Moissenet - PhD) et d’un doctorant en biomécanique (A. Naaim). Cette association de compétences médicales, paramédicales et d’ingénierie biomécanique permet au Laboratoire d’appréhender la complexité du mouvement humain avec des regards différents et complémentaires et ainsi de réaliser des explorations et interprétations pertinentes.

Le matériel du Laboratoire

Les explorations réalisées au sein du Laboratoire sont rendues possibles grâce à un important plateau technique. Ce plateau technique, entièrement dédié à l’exploration du mouvement, comporte notamment six systèmes pouvant fonctionner de manière indépendante ou combinée :

• Un système de caméras optoélectroniques : Ce système (caméras OQUS, Qualisys, Suède) permet de déterminer la position tridimensionnelle de marqueurs cutanés réfléchissants positionnés sur le patient. A partir de ces informations, un modèle mécanique du patient est défini et son mouvement dans l’espace est enregistré à plus de 100 images/sec.
• Un jeu de deux caméras vidéo haute résolution : Ces caméras (caméras OQUS 210c, Qualisys, Suède) enregistrent les mouvements du patient sous différents angles de vue.
• Un système d’électromyographes sans fil : Ce système (DTS, Noraxon, USA) mesure l’activité musculaire au cours d’un mouvement.
• Un jeu de deux plateformes de force : Ces plateformes (OR6, AMTI, USA), installées le long de la piste de marche, mesurent les forces exercées par le pied sur le sol lors de la marche. Ces informations, associées au modèle mécanique précédemment défini, permettent d’estimer les forces et moments au niveau de chaque articulation.
• Un tapis de marche/course instrumenté : Ce tapis de marche (COSMED, Italie) est instrumenté d’une plateforme de force telle que celles installées le long de la piste de marche. Il permet des enregistrements de longue durée, ce qui peut s’avérer utile pour identifier un phénomène de fatigue.
• Un manipulendum : Ce dernier système permet de mesurer les forces de préhension digitales lors de tâches de saisie afin d’identifier la stratégie motrice associée du patient.